Petite forme théâtrale au lycée

PF01Ce vendredi 15 novembre, la classe de TASSP a eu la chance d’assister au sein du lycée  à La Femme juive, une courte représentation théâtrale propo-sée par la compagnie Day-for-night. Celle-ci les a fortement impressionnés.

Cette action culturelle s’inscrit dans le cadre du dispositif académique Lycéens au spectacle vivant piloté par Côté Cour. Il s’agissait du deuxième temps fort du projet après la sortie au théâtre Edwige Feuillère en soirée, dix jours auparavant.

Une représentation en salle de classe

FJ014 personnes sont venues à la rencontre des élèves de la classe : les deux acteurs Léa Masson et Julien Jobert, la régisseuse Chloé Marguerie et Anne Montfort, la metteuse en scène de la petite pièce proposée, construite sur un extrait de la pièce Grand’peur et misère du IIIe Reich FJ04de Bertold Brecht et Margaret Steffin, écrite en 1935.

La matinée a commencé par la proposition théâtrale : en 1935, Judith, une femme juive annonce à Fritz, son mari qu’elle part s’exiler à Amsterdam dans le contexte de l’antisémitisme montant en Allemagne. Le contexte est donné à sentir subtilement : une émission de radio diffuse des actualités d’époque, un téléphone ancien sert à FJ03annoncer son départ à ses relations plus ou moins proches, des vêtements et une forme de dramaturgie classique (monologue tragique) indiquent l’époque.

"Au début, c’est glauque, il y a une sale atmosphère, le spectacle a déjà commencé quand on rentre dans la salle" remarquera Laura après le spectacle.

Une mise en scène construite en glissements successifs

Au fil de la pièce, de subtils glissements s’opèrent sans cassure évidente : les rôles se renversent (c’est au tour de l’homme de s’exiler), les costumes et accessoires se modernisent, le ton devient plus quotidien, les personnages FJ02rajeunissent, les prénoms changent : Eva et Jacob interagissent désormais avec le public. Rires, gêne et compassion s’expriment parmi les élèves de plus en plus concernés, impliqués. Enfin : une troisième version nous est donnée à voir, toujours plus contemporaine dans le ton, le langage, suscitant identification et élargissement du propos.

Des élèves au cœur de la scène théâtrale

Après avoir chaleureusement applaudi la pièce, les élèves, invités à réagir, expriment non seulement un ressenti pertinent mais aussi de l’enthousiasme. "J’appelle ça du théâtre intimiste, et c’est le théâtre que je préfère" explique la régisseuse, également actrice par ailleurs, et les élèves répondent en chœur : "Nous aussi !"

"L’interaction avec le public, c’est une très bonne idée" remarque Thibaut qui précise "pour ma part, c’est plus personnel. J’aime les jeux de rôles, ça me plaît". Noura confirme : "Il y a plus de concentration de notre part ici que dans une salle de théâtre".

Les textes et époques s’entrelacent

AnneAu moment de l’échange Marie remarque "c’est un peu compliqué, car les textes se superposent". Pour autant les élèves perçoivent parfaitement la gravité : "on comprend que l’Histoire se répète" remarque Thibaut et "oui, on sent que ces persécutions et ce rejet des étrangers et des différences peuvent revenir, par exemple avec l’homophobie" rajoute une autre élève. Nous sommes tous des exclus ou exilés potentiels.

JuLes échanges qui suivent éclairent sur le métier de comédien (cursus de formation, répétitions), le rôle de régisseuse, la préparation de la pièce dans le temps, les partis pris de mise en scène. Eva demande si "pour les acteurs, c’est plus difficile d’être au milieu des réactions du public, si proches, que dans un théâtre ?". Léa répond que c'est un plaisir supplémentaire au contraire, mais que cela nécessite des adaptations. Une réflexion s’ensuit sur la gestuelle des comédiens, leur gestion du regard et des mouvements dans l’espace.

Une mise en espace particulière

Le fait d’avoir positionné les chaises des spectateurs en carré implique que tout le monde ne verra pas le même spectacle, précise la metteuse en scène Anne. Les élèves saluent cette belle idée qui les a vraiment séduits. Cela permet aussi que chacun voie les réactions des autres spectateurs. Et même d’en intégrer certains dans la pièce, comme s’en souvient Laura, encore un peu choquée !

La rencontre s’achève par l’évocation des quelques expériences de jeu théâtral des élèves et de la perspective des futurs ateliers de pratique, pour lesquelles l’actrice donne ce conseil : "le théâtre, c’est du vivant. N’ayez crainte du ridicule, ne vous jugez pas : c’est l’occasion de puiser des émotions et de sortir de soi".

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Le Lycée Pontarcher en quelques mots

pourquoiLe lycée professionnel Pontarcher est un établissement d'enseignement professionnel dans les métiers de l'hôtellerie et des services. Il compte environ 500 élèves, originaires de toute la Haute-Saône et des départements limitrophes. Ouvert en 1972, l'établissement est situé à l'est de la ville de Vesoul, et bénéficie d'un environnement aéré et agréable.

Bien identifié dans le département pour sa carte de formation, le lycée s'affirme entre son passé et ses ambitieux projets. La construction, par la Région, d'un pôle hôtelier spacieux, moderne et fonctionnel, s'inscrit dans la continuité des aménagements.

Pourquoi Pontarcher ? L'origine du mot remonte au XIIème siècle. A cette époque, il y avait à proximité un moulin à côté d'un pont avec des arches... Pont avec des arches... Pontarcher.